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"Il n'y a pas de liberté pour l'ignorant". Condorcet

Archive for the ‘société’ Category

La fracture cachée … pénurie, opulence, croissance : Jean Baudrillard

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un copier/coller :
www.nouvelobs.com/articles/p2144/a289599.html
Les débats de l’Obs (décembre 2005)
La fracture cachée
Pour le philosophe, les élites politiques prétendent parler au nom du peuple sans rien savoir de lui. Et le fossé est devenu plus radical qu’on ne l’imagine.
L’Europe virtuelle, celle des flux financiers, des marchés, des grands travaux, de la culture, celle-là fonctionne au fond très bien, telle qu’elle a été conçue au sommet. L’erreur a été de vouloir lui donner, avec le référendum sur la Constitution européenne, l’aval des populations réelles, au lieu de la maintenir dans une sphère abstraite, en la faisant ratifier par les Parlements, ces fantômes de service.
Les peuples marchent vaille que vaille, pourvu qu’on ne leur demande pas leur avis. L’erreur a donc été de vouloir en appeler à une « réalité démocratique ». Double erreur en fait : d’abord, celle de n’avoir pas compris que cette « réalité démocratique » n’existe plus – la « réalité » en général n’existe qu’aussi longtemps qu’elle n’a pas été doublée par les modèles. Et les hommes politiques, eux-mêmes doublés par leur image et ne jouissant plus que d’un pouvoir virtuel, devraient être bien placés pour le savoir. Mais cette doublure a lieu partout aujourd’hui : toutes les opinions sont doublées par les sondages, les événements par l’information, et l’Europe elle-même a été anticipée par son modèle (Bruxelles). Dans ces conditions, plus question d’en appeler à une « réalité de base » pour justifier une opération au sommet – sinon par un maquillage de circonstance via le suffrage universel. Et c’est cette opération qui a échoué.
Car – et c’est là la deuxième erreur – les peuples ne savent pas ce qu’ils veulent (inutile et dangereux donc de les interroger, mieux vaut parler en leur nom, c’est ça la « démocratie »). Par contre, ce dont ils ne veulent pas, c’est qu’on leur administre quoi que ce soit d’en haut, même si c’est « pour leur bien ». Que peut-on exiger d’un peuple virtualisé par les sondages, séquestré dans les statistiques, harcelé par les médias, que peut-on en attendre sinon de secouer ce joug, cette nouvelle servitude, et d’opposer à cette prise d’otage virtuelle un non aussi inexplicable qu’imprévisible ?
Non seulement le forcing pour le oui a joué en sens inverse, mais toutes les forces d’inertie qui jouent habituellement dans le sens de l’ordre, de la résignation et du conformisme ont elles aussi déjoué les prévisions. Et ceci est le signe d’une fracture beaucoup plus profonde que celle d’un simple ressentiment social ou économique. Derrière ce non, il y a un autre signe caché, une sorte de réaction instinctive à une forme de domination exclusive – intelligentsia et nomenklatura réunies.
A une forme d’arrogance « démocratique » au moins égale à celle de l’aristocratie de l’Ancien Régime, et qui donne d’ailleurs les mêmes signes d’anachronisme et de ridicule que la caste féodale des ci-devant. Et qui laisse présager les mêmes convulsions, venues, comme à la veille de la Révolution, du même désaveu radical d’un ordre où personne ne se reconnaît plus, ne laissant place qu’à la perpétuation d’une scène politique en pleine décomposition.
On a voulu parler de « fracture sociale », mais c’est d’autre chose qu’il s’agit. Tout le monde est bien content (même les partisans du non) de renvoyer ce non à une récrimination sociale et économique (quand on ne le disqualifie pas purement et simplement comme national-populisme) : le « peuple » voudrait sa part de gâteau, ou bien il voudrait de la transparence… Foutaises. Le Peuple s’est accommodé depuis longtemps de la corruption de ses « élites », de leur éloignement dans la plus parfaite méconnaissance de son exigence silencieuse.
Il ne sait d’ailleurs pas ce qu’il veut, mais ce qu’il sait obscurément, c’est que l’objectif premier est de le tenir à distance en le circonscrivant dans le « social ». Les élites, elles, ne vivent pas dans le social, elles vivent dans une complicité héréditaire – la féodalité en politique étant génétiquement transmissible.
Où est-on allé chercher que l’exigence profonde était celle du social et de l’économique, et que toute réaction soudaine ne pouvait venir que de là ?
C’est selon la même pensée réductrice qu’on a vu dans le « terrorisme international » l’expression de la misère et de l’exclusion des pays sous-développés. La véritable arrogance, c’est cette assignation de la révolte à de misérables causes « objectives », sociales, économiques, celles qu’on peut faire entrer dans une stratégie conventionnelle de diversion et de manipulation. C’est refuser à la révolte tout autre statut que celui de la revendication. Le coup de force du capital, c’est d’avoir tout inféodé à l’ordre de l’économie. Aujourd’hui, on est passé d’un ordre à un autre, et le social est révolu.
Le déplacement de tous les problèmes sur l’économique fait qu’ils sont virtuellement solubles. Potentiellement tout nous est donné, ou le sera, par la grâce d’une croissance et d’une accélération continues. Levée universelle des interdits, disponibilité de toute l’information, obligation de jouir. Et dans cette péripétie, c’est tout le dispositif mental et matériel de la modernité qui bascule. Car tout s’ordonnait jusque-là sur la tension entre les besoins et leur satisfaction, entre le désir et son accomplissement, les moyens étant toujours largement en deçà des aspirations. Situation critique qui a généré tous les conflits historiques que nous connaissons – revendications, révoltes, révolutions. Aujourd’hui, la réalisation immédiate dépasse de loin la faculté de jouissance d’un être humain normal. Or rien ne dit que l’homme, une fois sorti d’une pénurie millénaire, devienne porteur d’un désir insatiable, rien ne dit qu’une fois sorti d’une servitude millénaire, il devienne disponible pour une libération totale. Rien n’est moins sûr.
Et c’est là qu’est désormais la véritable fracture, non pas sociale mais symbolique : dans la satiété, dans la saturation, dans une réalité intégrale qui absorbe toutes les velléités de dépassement, de rêve ou de révolte.
Cela donne une situation originale et sans doute inouïe : le passage d’un ordre politique à un ordre symbolique bien plus radical. Ce à quoi nous succombons, ce n’est plus à l’oppression, à la dépossession, à l’aliénation, c’est à la profusion. C’est au pouvoir de ceux qui décident souverainement de notre bien et nous accablent de tous les bienfaits – « sécurité prospérité convivialité » – et par là même nous écrase d’une dette infinie, qui ne pourra jamais être rachetée.
Il nous est difficile de concevoir un niveau symbolique où l’être se rétracte et se révolte du fait qu’il lui soit trop donné. Si le manque et la servitude caractérisaient les sociétés antérieures, c’est l’opulence et le libéralisme qui caractérisent la nôtre, entrée en phase terminale et vouée aux soins intensifs.
Nouveau défi, nouvelle donne : à ce point, la révolte change de sens, elle ne vise plus l’interdit, elle vise la permissivité, la protection, la transparence excessive, l’Empire du Bien. Désormais il faut se battre contre tout ce qui vous veut du bien. Quelque part, le non au référendum, ce non illogique et insaisissable, joue de la même exigence : celle de ne pas être pris en otage par quelque modèle que ce soit (surtout s’il est idéal !) parce qu’il cache toujours un dispositif totalitaire absolument meurtrier, un intégrisme sans appel.
L’événement du non au référendum, c’est l’apparition soudaine d’un déni, d’un refus qui ne fait pas exactement opposition, mais serait plus proche d’une divergence profonde, d’une dénégation, tenace et silencieuse, de tout un ordre mondial – celle qui fait dire à Bartleby de Herman Melville : « I would prefer not to » – j’aimerais mieux pas – je ne joue pas à ce jeu-là.
J.B.

Né en 1929, Jean Baudrillard , sociologue et philosophe, est le grand théoricien de la postmodernité. Il est l’auteur notamment de « la Société de consommation » (1970), « La guerre du Golfe n’a pas eu lieu » (1991).
Dernier livre paru : « Cool Memories V » (Galilée, 2005). Les Cahiers de L’Herne lui ont rendu hommage en février dernier.
« Justifier la guerre ? », par Gilles Andréani et Pierre Hassner, Presses de Sciences-Po, 364 p., 20 euros.

Aude Lancelin Marie Lemonnier
.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Baudrillard

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septembre 16th, 2009 at 10:31

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« J’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas marché »

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« J’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas marché » Vladimir Boukovsky

http://leweb2zero.tv/video/patatras_0848af306fb5a3b (sous-titré fr)

http://www.youtube.com/watch?v=1jVrbKdkByk

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août 5th, 2009 at 3:54

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US car top1 (d’où viennent nos désirs ?)

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http://blogs.denmark.dk/Malene/files/2009/06/1465738380_009e638bafmed.jpg
Image: lambchops, 30 September 2007, Flickr Creative Commons

« The results are in.  The car that Fox News proclaimed to be the best selling model in the US in none other than that depicted above.  With 457,000 units sold in 2008, this car’s sales topped those of the Toyota Camry and the Honda Accord and that’s all. In the ’90s this human driven car outsold both the Accord and Ford Taurus.

Numbers like these place the car in the top-20 best-selling models of all time, having sold more than 10 million units in its 30-year history. This also lands the car a place next to historically significant automobiles at the Crawford Auto-Aviation Museum in Cleveland…. »
By Malene Freudendal-Pedersen • June 29, 2009

http://blogs.denmark.dk/Malene/2009/06/29/is-the-best-selling-car-in-the-us-sustainable/

http://carfree.free.fr/index.php/2009/07/09/la-voiture-la-plus-vendue-aux-etats-unis/#more-3686

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août 3rd, 2009 at 4:40

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Virus CONIMB et « rente de monopole »

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(Comme promis dans un précédent billet)

La consommation imbécile (CONIMB) est la maladie la plus répandue dans les pays occidentaux, ainsi que sur une bonne part de la planète. Elle se décline sous de multiples variantes : fashion addict, etc.
Autant la kleptomanie est finalement peu répandue, autant la consommation imbécile est carrément devenue une caractéristique majeure de nos sociétés.

La consommation imbécile se manifeste à travers 2 vecteurs principaux :
- consommation imbécile individuelle/personnelle : CONIMB-I,
- consommation imbécile publique/gouvernementale : CONIMB-G.
Dans les 2 cas, la consommation correspond au mieux à un gaspillage improductif, au pire à l’assouvissement (et l’aggravation) d’une addiction. Dans les 2 cas, s’agissant de consommations contraires à l’intérêt du consommateur (eg empiffrage=>obésité, jeux de hasard=> ruine, etc), d’importants moyens de convictions doivent être mis en oeuvre pour convaincre le con-sommateur d’aller à l’encontre de son propre intérêt.
La télévision est évidemment un instrument majeur dans la panoplie des outils à employer. Ne serait-ce que grâce à l’étendue des bombardements publicitaires qu’elle permet.
Malheureusement, se passer de télévision ne suffit plus aujourd’hui pour échapper à la pression publicitaire. Chaque con-sommateur atteint devient aujourd’hui l’homme-sandwich ravi  (et encore plus ravi de vous le montrer) du produit acheté. Voitures, chaussures, tee-shirts, électro-ménager, nourriture pour chats, vacances, etc, le concours de quéquettes ne s’arrête quasiment que pendant votre sommeil. ( »La solitude est la condition de la liberté. »)

Ces 2 consommations présentent aussi la caractéristique d’être vendues par des monopoles/oligopoles suffisamment puissants (verrouillage des sous-traitants, verrouillage de la distribution, verrouillage des esprits), pour fixer le prix de leurs produits bien au-delà du prix de production (pour fixer les idées : disons 10% au-delà du prix s’ils n’étaient pas oligopoles).

A/ Pour ceux qui sont à l’intérieur de ces oligopoles, il y a une cohérence : certes ils sont aussi consommateurs et payent trop chers les produits achetés … mais comme ils vendent également trop cher, au final ils s’en sortent.
B/ Pour ceux qui sont à l’extérieur de ces oligopoles, il y a un hiatus : ils sont consommateurs et payent trop chers les produits achetés … mais comme ils vendent leur propre production à un « juste prix » (non oligopole), au final ils ne s’en sortent pas.
Le souci aujourd’hui, c’est que les humains de type B/, appelons-les bêtas, sont de loin les plus nombreux.
(Samir Amin appelle « rente de monopole » ce hiatus.)

Le hiatus a démarré doucement, et est maintenant solidement en place depuis au moins 20 ans.
Ce hiatus est-il durable/pérenne ? Etes-vous éternellement condamnés à payer 80 euros une paires de chaussures qui en vaut 5, simplement car votre enfant vous le réclame les larmes aux yeux ?
Face à un monopole, il ne faut, par définition, plus compter sur la loi de l’offre et de la demande. Si vous voulez vraiment en bénéficier … il faudrait déjà commencer à reconstituer une offre digne de ce nom, or vous le voyez bien en faisant vos courses … vous n’avez plus beaucoup de choix.
Avant ce découplage entre producteurs « normaux » et producteurs monopolistiques, les choses se passaient de manière à peu près équilibrée. Le marché fonctionnait … puisqu’il y avait un marché.
Aujourd’hui, pour beaucoup de produits, il n’y a plus de marché. Seul reste un comptoir avec un vendeur unique.

Années après années, non seulement l’effet du hiatus est cumulatif, mais en plus il s’aggrave.
Les bêtas s’en sortent de moins en moins bien. Le hiatus entre valeur de leurs outputs et de leurs inputs les ronge petit à petit.
Quelle a été la 1° solution mise en place pour remédier aux malheurs des bêtas ?
Je vous le donne en mille : il s’agit de l’endettement.
Un hiatus s’est développé, mais faute de savoir comment le résorber, on s’efforce de le combler.
On puise dans l’avenir (qui sera meilleur qu’aujourd’hui, tout le monde sait ça), via de bien obligeants créanciers, de quoi remédier à nos soucis présents.
Cette situation de remplissage permanent d’un seau troué est la situation actuelle.
Il faut hélas noter que, face à ce problème majeur, cette solution d’endettement est l’apanage de tous les gouvernements. Rien ne les distingue sur ce plan fondamental.

Je n’ai pas détaillé la CONIMB-G, mais fondamentalement la seule différence est qu’au lieu de devoir organiser votre malheur vous mêmes, l’état/la région/la mairie se charge de gaspiller votre argent à votre place. Le travail est évidemment plus efficace puisque effectué par des professionnels. Les 2000 milliards de dette publique française le démontrent clairement.
Les professionnels ont par ailleurs à leur disposition des outils que n’ont pas les particuliers. Le surendettement (arme ultime face à l’endettement) est ainsi interdit aux particuliers, et est le privilège exclusif de l’état. Pas étonnant qu’il obtienne de meilleurs résultats.

Mais … peut-on, à titre privé, ou à titre public, s’endetter perpétuellement et repousser perpétuellement le moment d’arrêter ?
Nos classes dirigeantes (navigantes ?) nous assurent que oui. Nous ne devrions donc pas douter.
J’essaierais néanmoins  d’aborder les possibles issues à ce problème, désormais aigu, dans un autre billet.

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juillet 24th, 2009 at 5:28

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Des impôts, des impôts, des impôts

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A force de pratiquer la chose, elle s’est engrammée dans notre adn, dans l’adn de nos politiques.
C’est un paradigme tellement prégnant que nous n’en avons même plus conscience.

L’impôt, c’est un outil de lobotomisés incapables de sortir de leur paradigme de « je pique à Paul pour donner à Pierre ». Incapables même d’imaginer qu’il puisse exister un autre paradigme. … et c’est fondamentalement pour cela que le pays va crever.

C’est comme ça que 6 mois après une élection, quel que soit le coté élu, on a systématiquement droit à une politique de gauche, et c’est aussi pourquoi, la « droite » (enfin le machin avec cette étiquette) va encore remporter pas mal d’élections (et ils sont quelques-uns à l’avoir compris).

Le paradigme médiatisé 99,99% du temps est celui de la spoliation au détriment de la création. Notre culture, du moins celle qui est médiatisée, est celle du winner-loser : on ne meut pas le monde avec des idées … mais avec des « moyens », des impôts, de la dette. Pour faire quoi que ce soit, il faut d’abord des sous.
C’est en réalité l’abdication de la création, de la vie, et du progrès.

Par conformisme, allégeance à la bien-pensance, aux traditions, nos classes dirigeantes se soumettent depuis 15 ans à ce paradigme (et trahissent ainsi à chaque fois le mandat des électeurs).

Je ne vois aucun espoir de changement depuis l’intérieur.
Quant au choc extérieur, désormais inévitable ama … les mêmes décérébrés qui tiennent les mégaphones depuis 40 ans réclameront encore plus de socialisme … et verront comme d’habitude leurs caprices exaucés.

La question n’est pas de savoir si la France coule ou pas, mais de savoir si cette noyade (et quelques autres) va réussir à disloquer l’Europe. Le naufrage probable de la Belgique sera une mini-répétition.

Je viens d’entendre Novelli sur les restaurants/tva. Il pourrait s’exprimer depuis le Venezuela ou Cuba sans avoir à changer un mot à son discours. A pleurer.

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juillet 22nd, 2009 at 1:26

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Ville = grand choix

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anchois01

L’anchois est un excellent poisson.
Sa valeur nutritive individuelle est cependant trop faible pour que la chasse à l’unité soit rentable pour le requin bleu.
C’est pourquoi ces derniers aiment bien à les regrouper.

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juillet 21st, 2009 at 2:36

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Toujours plus de fonctionnaires

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http://tr.im/t7zA

Toujours plus de fonctionnaires

La hausse des effectifs est constante depuis dix ans. Mais elle marque le pas dans la fonction publique d’État.
Le rapport complet
Longtemps, l’État a été incapable de connaître précisément ses effectifs. Ce n’est plus vrai. Le rapport annuel sur l’état de la fonction publique apporte désormais de la transparence et des informations fiables. L’édition 2008-2009 vient de paraître (1). Et clarifie plusieurs points.

Effectifs. Au 31 décembre 2007, on comptait 5,268 millions d’agents dans les trois fonctions publiques (État, territoriale, hospitalière). Soit 21 % de l’emploi total en France. Depuis une décennie, l’emploi public est en progression constante (+15 % sur la période 1996-2007). Avec des évolutions très différentes selon les secteurs.

Les effectifs de la fonction publique d’État ont baissé de 2,4 % en 2007. Soit 61 000 postes en moins, pour atteindre un total de 2,484 millions d’agents. En revanche, la fonction publique hospitalière a augmenté de 1,6 %, en 2007, soit 17 000 emplois, pour un total de 1,035 million. La plus forte progression est celle de la territoriale (Régions, départements, villes…) : +5,2 % en 2007 (+86 000). Elle employait 1,75 million de personnes au 31 décembre 2007.

Salaires. Le rapport du ministère du Budget fournit aussi un comparatif intéressant des salaires (voir l’infographie). En prenant notamment en compte la médiane des rémunérations nettes mensuelles (primes éventuelles comprises) : la moitié des salariés ont perçu davantage, et l’autre moitié un salaire inférieur. On constate que le salaire médian dans la fonction publique d’État est supérieur de 12 % à celui de l’hôpital, d’un tiers par rapport à celui de la territoriale, et de près de 30 % par rapport au privé.

http://tr.im/t7zA

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L’état central a mis environ 35 ans à comprendre que l’augmentation ininterrompue du nombre de fonctionnaires improductifs finirait par détruire le pays.
En 2007, cette fuite en avant suicidaire est enfin stoppée. Serions-nous donc enfin sauvés ?
Que nenni, c’est désormais au tour des baronnies locales de prendre le relais.
Un conseil régional/général digne de ce nom et de son rang ne peut qu’être doté des plus beaux hôtels, et il importe de bien les remplir, de s’entourer d’une cour dont la taille soulignera l’importance des chefs. Et chaque sous-chef fera de même.
(relire : Théorie de la classe de loisir de Veblen).
On voit bien également l’effet trou noir à l’oeuvre.
Chaque particule productive aspirée par le trou noir de l’administration improductive augmente la masse de celle-ci. Sa masse étant augmentée, sa force d’attraction est encore augmentée.
Sous le fardeau du harcèlement administratif (il faut bien que les bureaucrates prouvent qu’ils font quelque chose) et de l’impôt, les individus productifs baissent les bras et à leur tour vont se mettre à l’abri dans les forteresses (achetées à crédit) des conseils régionaux et consorts.
(Visiter ces bâtiments est proprement hallucinant. Les pots et réjouissances quotidiennes y donnent un parfum de moyen-âge. Seuls les costumes manquent pour s’y croire tout à fait. Les principaux outputs de ces organismes consistent en de luxueuses plaquettes en papier glacé et autres pancartes détaillants toutes les réalisations que s’attribuent (souvent indûment) ces organismes. Dans mon département, une part énorme est engloutie dans les déficits permanents des stations de skis. Chaque engloutissement est bien sûr le dernier. Panem et circenses.).
Tout cela ne peut malheureusement pas durer. L’impôt ne suffit même pas à financer ce gaspillage démentiel, il faut s’endetter, s’endetter, s’endetter pour payer toutes ces cours.
Mais la dette n’est pas une mer où l’on peut puiser éternellement … et nos trous noirs locaux n’auront certainement pas 35 ans pour s’en rendre compte.
Le rapport Balladur préconise la suppression de certains niveaux administratifs (dont les superpositions donnent le tournis).
A la vitesse où la France se réforme, je parie que le ménage se fera par implosion directe (lorsque certains conseils régionaux/généraux commenceront à payer leurs pupilles en pataçons), avant même que les réformes aient eu le temps d’être appliquées.

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juillet 20th, 2009 at 9:53

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Le modèle français

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peace03

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juillet 19th, 2009 at 10:53

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Le paradis des paradis

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adg01
«L’Archipel du Goulag » d’Alexandre Soljenitsyne est aujourd’hui considéré comme l’un des livres les plus importants du XXe siècle. Publiée à des millions d’exemplaires, cette oeuvre restera un monument impérissable à la mémoire des dizaines de millions de victimes du communisme en URSS. Mais, ce livre a aussi été une extraordinaire aventure humaine. Comment ce manuscrit écrit dans le plus grand secret à l’époque des frontières hermétiques et du KGB tout puissant est-il parvenu jusqu’à l’ouest ? C’est le récit de cette aventure que raconte Alexandre Soljenitsyne au fil d’un témoignage qui est aussi son ultime entretien filmé.

DIFFUSIONS
LA CHAÎNE PARLEMENTAIRE SAMEDI 18 JUILLET 2009 DE 22H00 À 23H00 (60′)
==> ET JOURS SUIVANTS
Dimanche 19 juillet 2009 : LA CHAÎNE PARLEMENTAIRE 18h00
Lundi 20 juillet 2009    : LA CHAÎNE PARLEMENTAIRE 10h30
Vendredi 24 juillet 2009 : LA CHAÎNE PARLEMENTAIRE 16h30
Samedi 25 juillet 2009   : LA CHAÎNE PARLEMENTAIRE 14h00
Dimanche 26 juillet 2009 : LA CHAÎNE PARLEMENTAIRE 09h00

http://television.telerama.fr/tele/emission.php?id=13649483
http://www.ecrans.fr/L-armee-secrete-de-l-Archipel-du,5531.html

http://tr.im/t0nr
«D’une main de fer, nous conduirons l’humanité vers le bonheur.»
C’est une pancarte, un slogan gravé sur une planche qui trônait
dans le camp des Solovetsky …

… merci de nous laisser chercher tous seuls !

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Je fais un peu de pub pour cette émission, car elle traite du thème de la résistance.
Résistance « passive » (ou manque de soutien/enthousiasme) d’un grand nombre.
Résistance « active » d’un très petit nombre. A la louche, disons 10000 personnes/200 millions soit environ 0.005%.
Mais finalement, cette proportion microbienne finit par avoir un effet macroscopique sur la société toute entière.
Statistiquement, les éléments les plus sous-numéraires, les plus extrémaux des queues de distributions, ont fini par avoir un effet majeur.
(PS : environ 10% de la population soviétique aurait « bénéficié » du système concentrationnaire à un moment ou à un autre du temps d’A. Soljenitsyne.)

Il était important que Soljenitsyne résiste à son époque.
Face à l’emballement tumoral et l’irresponsabilité de nos propres systèmes étatiques aujourd’hui, il est également important qu’une résistance se développe.
Il n’y a pas de comparaisons avec la résistance illustrée par A. Soljenitsyne (qui se payait par la mort)
mais ce n’est pas car elle est « facile » que la résistance est moins nécessaire.
Les appareils d’états des pays occidentaux entrainent non seulement leurs peuples vers une crise majeure, (mais après tout, ces derniers ne l’auront pas volé), mais ils hypothèquent l’avenir de nos enfants et petits-enfants. C’est pour cela, et contre ce destin qu’il faut se battre.

[NB : ... aucun officiel français à l'enterrement de Soljenitsyne en 2008.
Je ne pense pas que cette absence ait été délibérée ... mais ça n'en est que plus affreusement cruellement révélateur.]

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juillet 19th, 2009 at 7:22

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Comptabilité

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camember02

La comptabilité ou « logique comptable » me semble quelque chose de tout sauf neutre et/ou objectif.
Il n’y a pas une façon pertinente unique de :
- faire une estimation quantitative d’un phénomène,
- ventiler le chiffre global afférent,
, mais bien plusieurs (pleins ?).
Le critère retenu pour l’estimation quantitative, la ventilation choisie, l’intitulé des lignes/colonnes de sous-chiffres, découle directement d’un système de valeurs, d’une grille de lecture du monde.
Une présentation comptable adroite du travail du sapeur Camember peut rendre son activité absurde tout à fait présentable (et je crois que c’est très largement le cas).
Pour une grille de lecture / paradigme alternatif, voir eg le billet précédent.

PS : Ceci n’est pas une critique gratuite des systèmes de comptabilité en vigueur. C’est en effet déjà très bien de pouvoir, au moins aux niveaux nationaux, disposer d’un référentiel de comptabilité commun, puisque cela facilite les comparaisons entre entreprises (enfin au moins entre celles qui emploient honnêtement le système. On a hélas vu que l’imagination et les « hors-bilans » permettent aux malfaisants de faire à peu près n’importe quoi).

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juillet 18th, 2009 at 5:15

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